Congé, un objet métier sous-estimé

Un écho à cet intéressant article d’Emmanuel : http://ea-is.blogspot.com/2011/03/part-1-autopsie-dun-objet-metier-rendez.html (Le titre a été changé, pas l’URL :-).

Une activité de chacun

La gestion des congés est pour chacun d’entre nous une nécessité, tant de notre point de vue que de celui de l’entreprise qui nous emploie. On devrait donc voir une bonne convergence dans les applications qui nous sont imposées pour ce faire.

Or, on constate souvent que le processus de gestion est considéré comme une corvée par les employés et que les entreprises ne disposent pas très clairement des informations nécessaires pour prévoir au mieux les disponibilités. C’est un problème d’autant plus crucial que la rigueur imposée par les processus (pensons par exemple au resserrement des contraintes de sécurité) et les réductions d’effectifs imposent au contraire une gestion fine et pro-active des activités.

Gestion des congés : vraiment ?

Mais que gérent ces applications ? La conception qui les a produite s’est faite autour des fonctions, approche classique et suffisamment implantée pour que la notion même de « métier » se dise aujourd’hui « fonctionnel ». En approche fonctionnelle, la gestion des congés se décline en « Demande de congé ». Il s’agit donc de suivre, grâce à un processus adéquat, une demande de congé. Ce qui pose deux problèmes, un pour l’utilisateur, l’autre pour l’entreprise :

  • Bien qu’employé, ma préoccupation personnelle n’est pas la demande, mais le congé lui-même. Ce congé est dans mon esprit rattaché à une activité hors entreprise, chargée émotionnellement. Je ne vois pas les choses sous la forme d’une demande (corvée obligatoire certes, mais annexe) mais comme une période de temps d’ors et déjà consacrée à une activité personnelle. Ceci va même beaucoup plus loin, puisque cette période est liée à d’autres par différentes idées (synchronisation, organisation d’événements, regroupement d’autres personnes, événements liés…) qui me font voir un congé particulier au sein d’un calendrier plus large.
  • L’entreprise se trouve avec une collection de demandes. Comment calculer correctement des calendriers, une nécessité pour prévoir des activités collectives, à partir de ces demandes ?

L’objet « demande de congé » n’est donc pas le bon, et par suite les fonctions comme « gestion des demandes de congé » ne peuvent pas entraîner le consensus collaboratif requis.

Règler le problème

Les réflexions précédentes, bien que très résumées et succintes, font dèjà apparaître l’idée d’une solution. L’objet principal n’est pas la demande de congé, mais le congé lui-même. Mieux encore, on voit se profiler une notion plus large de calendrier qui comporte certes des congés mais potentiellement bien plus. Cette approche apporte quelques éléments intéressants, je n’en cite que quelques uns :

  • Du point de vue de l’utilisateur : puisque l’ensemble congé/calendrier est plus proche de mes aspirations, de la façon dont je vois la réalité, je trouverai de l’intérêt à utiliser les applications calées sur ces concepts. De corvées, les activités sous-jacentes deviendront des actions efficaces pour moi. D’autre part, une meilleure justification des refus (voir point de vue des entreprises) me rend plus confiant dans la gestion de mes managers, ce qui est fondamental.
  • Du point de vue de l’entreprise : l’utilisation correcte des applications, due à l’intérêt que l’employé y trouve, garantira une bien meilleure qualité des données. D’autre part, les calendriers peuvent se manipuler pour prévoir des choses : comparaison, fusions des calendriers individuels pour monter un calendrier d’équipe, détection des manques, prévision des besoins. Ces informations déduites (automatiquement pour la plupart) permettent de justifier correctement des résultats des demandes, ce qui peut avoir un impact non négligeable sur la confiance.

Et les fonctions, alors ?

On peut les retrouver, si on a vraiment envie, au travers de la modélisation. Il est hors du propos de ce post d’expliquer comment, mais, pour résumer sévèrement, elles se retrouvent dans les activités qui permettent aux objets (Congé et Calendrier dans cet exemple) de suivre un chemin établi (les transformations des objets, voir les machines à états dans la modélisation sémantique).

Mais on peut aussi s’en passer et suivre directement la filière des services (style SOA) pour implémenter des composants très polyvalents.

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